Archive pour la catégorie ‘Administration électronique’
Rouen.fr, une architecture de site vraiment orienté usager
La ville de Rouen a mis en ligne un nouveau site internet qui me parait très intéressant dans son architecture. Le site résout en effet le dilemme que se posent beaucoup de collectivités entre valorisation de l’actualité (culturelle/ action politique), ou accès aux services pratiques (formalités…). Sur la plupart des sites, l’accent est mis sur l’actu et l’accès aux services se fait via des liens insérés ça et la dans la page d’accueil et/ou un menu classique. Le résultat est que les internautes ne trouvent pas ce qu’ils cherchent comme j’en fais souvent l’expérience.
Pour faciliter la vie de l’internaute, le site de Rouen propose deux pages d’accueil : arrivé sur Rouen.fr, le bandeau du haut propose, en gros 2 accès : « l’actualité » ou « Mairie en ligne », la page par défaut portant sur l’actu.
- Une page d’accueil nommée « l’actualité » a un traitement assez classique : une « Une 4 en 1″ (4 photos légendées + lien) et un agenda, les contenus orientés vie locale, mais qui restent peu nombreux avec une forte différenciation graphique.
- Une page « mairie en ligne« , qui liste – tout simplement et sans aucune fioritures en tête de page (zone qui s’affiche sans scroll) – les formalités les plus demandées par les internautes avec un accès direct (état civil, emménagement…)Suivent ensuite un accès aux coordonnées/ adresses des services municipaux, des guides et autres contenus pratiques. Un seul souci dans cette mise en page : l’efficacité.
Voila un site intéressant car visiblement il a été tenu compte des requêtes des internautes dans les moteurs de recherche et il n’est pas un pur produit du service communication : on recherche l’efficacité du service public. On souhaiterait voir davantage de sites comme celui-ci….
La complexité administrative ne se réglera pas en réduisant le nombre de sites
Parmi les annonces du rapport Riester (voir mon papier sur le blog TIC) la presse s’est beaucoup fait l’écho de la « nécessité » de réduire le nombre de sites internet publics (plus de 10 000) et le rapport propose même que l’Etat donne l’exemple en divisant pas 10 le nombre de ses sites. Voila une proposition emprunte de beaucoup de faux bon sens et qui est très démagogique. Comme si la simplicité passait par la réduction du nombre de sites. Quand on voit la difficulté a se retrouver sur un site « unique » comme celui de la commission (Europa), on peut dire tout de suite que ce n’est pas une recette miracle. Ergonomie, utilisabilité, clarté de la charte graphique et du vocabulaire employé : oui et c’est mentionné dans le rapport. En revanche diminuer le nombre de site (sauf a la marge et en sanctionnant ceux qui ne sont pas mis a jour), cela semble assez utopique, sauf à réduire considérablement le nombre de services et d’administrations (un serpent de mer qui fait partie des poncifs des changements politiques)
J’ai en fait été frappé lors de la conférence de presse qu’on parle aussi peu de référencement. Que l’Etat investisse massivement dans la SEO (search engine optimization) de ses principaux sites, s’intéresse aux mots clefs et expressions utilisées par les internautes, professionnalise ses webmestres, achète des mots clés… ça ce serait une bonne idée. Aujourd’hui le moyen d’accéder à l’administration sur internet, c’est surtout et avant tout GOOGLE. A cet égard juste une remarque, le tout nouveau portail proxima mobile n’est même pas organisé avec des url naturelles…
Pour s’y retrouver dans les offres web collectivité
de plus en plus de prestataires proposent des offres de site packagées aux collectivités locales, petites communes et intercommunalités en particulier. Ces collectivités disposent rarement de compétences dans le domaine du web, la plupart ayant une direction informatique pour le moins allégée et une seule personne à la com’ . Pour les élus, il n’est cependant pas toujours facile de s’y retrouver dans ces offres qui comprennent généralement à la fois un outil de gestion de contenu (CMS), un hébergement, des briques de services optionnelles (demande d’acte d’état civil, agenda, comarquage avec Service-public.fr…) et une formation. Aussi saluera-t-on l’initiative d’Artesi Ile de France (l’agence TIC francilienne) qui a entrepris de labelliser les offres internet collectivités du marché. Ce qui est dommage, c’est qu’il n’y a pas de tableau comparatif des offres… Mais peut-être que cela viendra.
Emailing, collectivités et magazine municipal
Force est de constater que beaucoup de mairies ont du mal a positionner la newsletter dans la panoplie des outils de communicationà leur disposition. La plupart du temps, la newsletter n’est qu’un « alerteur », renvoyant vers le site de la collectivité. La newsletter, constituée de simple accroches (titre+extrait), a alors pour mission de générer du trafic sur le site en mettant en valeur ses nouveautés. A l’inverse, on trouve des collectivités qui envoient un PDF en pièce jointe, ce qui permet d’envoyer un document bien mis en page. Là c’est vraiment pas l’idéal car on déporte l’impression sur l’utilisateur et la collectivité n’a pas de retour (taux de clic,statistiques) surtout si le PDF n’a pas de liens hypertextes. Peu de collectivités font de la newsletter une publication à part entière, avec contenu propre. Il est vrai que le fait qu’internet ne concerne pas 100% de la population joue en sa défaveur. Mais un magazine papier touche-t-il vraiment tout le monde ? rien n’est moins sûr et en tous cas pas les « expats » et touristes. Dernière remarque que m’inspire ce site. C’est bien de faire une newsletter et de l’identifier avec un nom de domaine propre pour lui donner de la visibilité.Mais encore faudrait-il
- ne pas décourager les gens de s’inscrire (atterrir sur un formulaire, avec une dizaine de champs à remplir, c’est pas très incitatif),
- permettre au lecteur de consulter les archives pour voir ce qu’on lui propose…
Zéro papier et fracture numérique
A entendre les prestataires de la dématérialisation, le numérique c’est la possibilité de supprimer totalement le papier et de sauver des forêts entières… Du côté des politiques, on entend cependant parfois un autre son de cloche : le papier serait – au moins pour les documents officiels ou administratifs – la garantie d’un accès de tous au droit et à l’Administration, tout le monde étant loin d’avoir un ordinateur et une connexion internet. Ainsi, au nom de la « fracture numérique », les sénateurs ont refusé récemment la dématérialisation totale (et se substituant au papier) de l’affichage des actes administratifs en mairie… (voir mon article, ici). C’est un peu étrange comme argument car le numérique n’empêche pas le papier. Il suffit de proposer des imprimantes aux administrés , sous forme de bornes dans les lieux publics ou d’imprimantes dans des cybercentres. Si on doit attendre que tout le monde soit connecté pour dématérialiser totalement certaines paperasses, on ne verra jamais le zéro papier… Mais c’est vrai que celui-ci est de toutes façon un leurre : dans beaucoup de cas, on déporte l’impression sur l’usager final…
Alors vive le droit à l’impression !
