Archive pour la catégorie ‘Idées TIC’
La complexité administrative ne se réglera pas en réduisant le nombre de sites
Parmi les annonces du rapport Riester (voir mon papier sur le blog TIC) la presse s’est beaucoup fait l’écho de la « nécessité » de réduire le nombre de sites internet publics (plus de 10 000) et le rapport propose même que l’Etat donne l’exemple en divisant pas 10 le nombre de ses sites. Voila une proposition emprunte de beaucoup de faux bon sens et qui est très démagogique. Comme si la simplicité passait par la réduction du nombre de sites. Quand on voit la difficulté a se retrouver sur un site « unique » comme celui de la commission (Europa), on peut dire tout de suite que ce n’est pas une recette miracle. Ergonomie, utilisabilité, clarté de la charte graphique et du vocabulaire employé : oui et c’est mentionné dans le rapport. En revanche diminuer le nombre de site (sauf a la marge et en sanctionnant ceux qui ne sont pas mis a jour), cela semble assez utopique, sauf à réduire considérablement le nombre de services et d’administrations (un serpent de mer qui fait partie des poncifs des changements politiques)
J’ai en fait été frappé lors de la conférence de presse qu’on parle aussi peu de référencement. Que l’Etat investisse massivement dans la SEO (search engine optimization) de ses principaux sites, s’intéresse aux mots clefs et expressions utilisées par les internautes, professionnalise ses webmestres, achète des mots clés… ça ce serait une bonne idée. Aujourd’hui le moyen d’accéder à l’administration sur internet, c’est surtout et avant tout GOOGLE. A cet égard juste une remarque, le tout nouveau portail proxima mobile n’est même pas organisé avec des url naturelles…
Mon Twitter mode d’emploi
Pas si facile de twitter… autant sur Facebook on a l’impression d’être de plain pied dans le web 2.0 après s’être juste inscrit, avoir invité son carnet d’adresse et mis une photo de sa personne… Ensuite, même si on ne met pas à jour son profil, ses « amis » sont là pour animer sa page sans qu’on ait grand chose à faire…Pour Twitter, c’est une autre histoire.
D’abord c’est pas si facile de savoir qui suivre (follow). Certes y a les grands classiques, genre suivre les membres du gouvernement, Bill Gates ou Britney Spears mais bon faut pas s’attendre, surtout de la part de cette dernière, à avoir des informations vraiment intéressantes. Ensuite faut éviter les bavards qui twittent à tout va avec des « suis en panne dans le métro » ou « l’amendement 214 a été adopté »… A cet égard les journalistes pro ne sont pas des garanties. Quand aux institutions, comme les collectivités locales, elles se bornent le plus souvent à annoncer les mises à jour de leur site et les événements à venir. Mais bon, tout ca pour dire que si je n’avais pas une petite idée des spécialistes TIC qui ont des choses intéressantes à dire dans mon domaine j’aurais eu bien du mal à savoir qui suivre…
Ensuite c’est bien de papoter mais pour quel public ? il s’agit en effet de recruter des « followers ». Sur ce sujet on trouvera plein de recettes miracles surtout du coté des blogs outre atlantique. Mais bon c’est souvent douteux. On pourra par exemple s’abonner systématiquement aux tweets des autres (avec des techniques dignes du spam) car c’est quasi mathématique on vous explique : plus on suit, plus on est suivi. Vive les moutons ! Dans les techniques plus intéressantes on signalera le fait de répondre à des tweets de personnes ayant beaucoup de followers : on aura alors des chances, si on dit des choses intéressantes, d’être repéré et suivi. Autre tactique, mettre des hashtags comme #LOPPSI ou #ACTA pour indiquer le thème que l’on traite et apparaitre plus facilement dans les recherches faites sur Twitter. Mais le rêve en fait, c’est la catastrophe. Si vous êtes le premier à parler d’un séisme, d’un accident, d’une histoire croustillante sur un « people », là c’est le succès garanti… mais bon, et après faudra les alimenter vos 100000 followers.
Mais bon je m’explique mieux cette statistique assez décevante : Twitter compterait 75 millions d’utilisateurs. Cependant 20 % des fils créés n’auraient aucun abonné et en décembre, seuls 17 % des utilisateurs ont posté un message…
2010 : la ruée des collectivités sur Twitter ?
Après second life en 2008 – vous vous rappelez, le truc en 3D sur lequel plusieurs collectivités ont créé leur « ile » et où même l’armée avait ouvert un bureau de recrutement – et Facebook en 2009, 2010 sera peut-être l’année Twitter. Voici quelques suggestions d’usages pour les élus et collectivités qui souhaiteraient se lancer :
- Médire de l’opposition pendant le conseil municipal (commentaires sur la couleur de la cravate, les fotes de franssais, l’erreur sur le chiffre évoqué…)
- Donner les résultats électoraux 2 secondes après le dépouillement,
- Publier son agenda heure par heure,
- Rappeler à ses « followers » de l’urgence à se faire vacciner (euh, enfin non c’est plus du tout dans l’air du temps)
- Faire part de la mise en ligne d’un dossier de presse sur le site web de la collectivité à une liste de journalistes ayant un compte twitter (pas mal de « si », c’est vrai…)
- Je vous laisse compléter par le fil tenu par Loic Hay : http://twitter.com/#list/LoicHay/collectivites-locales
Dans tous les cas, 2 sites utiles pour twitter efficace :
- http://lolify.org/lol/ si vous voulez parler jeune/court et SMS et être ainsi doublement branché « l’arreté sur les antennes est adopté », 37 signes donnera « larreT sur lé antene è adopT » (29 signes)
- Des sites pour raccourcir les URL : http://www.tiny.cc/ ou http://www.tiny.cc/
Web 2.0 et collectivités : un cocktail à modérer
La ville de Toulouse vient d’annoncer la mise en ligne prochaine d’un site web 2.0 (voir l’info)… Derrière le « mot valise » à la mode se profilerait un site où les internautes toulousains pourraient créer leur propre espace web et échanger, dialoguer, y compris avec de la vidéo. Ce type d’initiative me laisse toujours assez sceptique : je ne suis pas certain que les élus ait beaucoup à gagner d’aller sur le terrain des Facebook, Twitter et autres Youtube. Car sans parler des moyens financiers qu’il faut pour mener ce genre de projet, il y a surtout la question de la modération. Au delà des risques de violation des nombreuses législations en vigueur (sur les propos racistes, les droits d’auteur en passant par les liens vers des sites interdits) et à venir (cf. Hadopi), il y a en effet le problème de modérer sans censurer. Quand on voit les rapports difficiles de la blogosphère avec les municipalités, ce n’est pas un scoop que de dire que le terrain est glissant. Bon courage aux futurs modérateurs…
Hadopi : enfin une bonne nouvelle
En cette période de morosité voila une nouvelle qui fait plaisir : le rejet de la loi antipiratage, la fameuse loi Hadopi par les députés, grace à une opération bien montée… Certes, il ne faut se leurrer, le projet de loi devrait revenir (Le 28 avril) devant les parlemntaires et il est peu probable qu’il soit abandonné. Mais voila un projet de loi qui commence bien mal son long chemin vers sa mise en oeuvre. Car une fois adopté, le côté opérationnel de l’usine à gaz s’avère compliqué : entre les délais pour mettre en place l’Hadopi, les systèmes de tracking des « pirates » et – surtout – le dispositif technico-financier qui permettra aux FAI de mettre entre parenthèses des abonnés triple-play… le parcours de cette loi s’annonce semé d’embuches A regarder ce qui s’est passé pour la DADVSI… il n’est pas certain qu’il résiste à l’ensablement.
