Archive pour la catégorie ‘Web 2.0’

Quand les gouvernements sollicitent les internautes sur la réduction des dépenses

En France on préfère parler de « simplifications », sans doute pour éviter l’horrible sigle RGPP (révision général des politiques publiques) et éviter d’utiliser des mots qui pourraient heurter comme économies ou réduction des dépenses. Chez nos voisins d’Outre-manche, la tradition est plutôt d’appeler un chat, un chat : on préfère parler de « costs cuts » ou de fournir davantage de services tout en dépensant moins (« deliver more for less »). Des deux cotés de la Manche on a cependant opté pour associer les citoyens à ce processus de réduction des dépenses publiques dans un esprit résolument 2.0. Depuis octobre, la DGME invite ainsi les internautes à faire leurs suggestions sur le site http://www.ensemble-simplifions.fr. Avec un assez succès mitigé si l’on en juge par le nombre de propositions (5 à 15 par thème) et de commentaires. En Grande Bretagne le site « spending challenge », complété par une page Facebook, semble rencontrer davantage de succès (plusieurs centaines de propositions). Maintenant quantité ne signifie pas qualité. Entre le rétablissement de la peine de mort et la suppression de certaines collectivités… il n’est pas certain qu’il sorte grand-chose de ces propositions…

Twitter bouscule l’Assemblée

La « formation » des parlementaires au web 2.0 organisée par NKM se révélerait-t-elle trop efficace ? Twitter fait en tout cas un « carton » chez quelques députés. L’outil est il est vrai idéal pour ceux qui s’ennuient en réunion et veulent écorner l’image du député godillot suiveur et discipliné… Sur les sujets chauds comme Hadopi, la taxe carbone (dont il avait annoncé l’abandon) ou le drame footballistique national, le député UMP Lionel Tardy est ainsi particulièrement loquace. Trop au gout de ses pairs : après s’être fait confisqué son mobile lors de l’audition de Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes par la commission des affaires culturelles (organisée théoriquement à huis clos…) le président de l’assemblé a décidé de mettre Twitter a l’ordre du jour du prochain bureau de l’AN. Les députés se feront-ils déposséder de leur smartphone avant d’entrer en réunion ou va-t-on désigner des « community managers » pour harmoniser la com’ des députés sur Twitter ?

e-reputation : toutes les menaces passées au crible

Le GFII a publié récemment une intéressante typologie des risques courus par les organisations (et personnalités) sur internet en matière d’e-reputation et de vol d’identité. Pour chacun des 13 risques identifiés, le GFII l’illustre d’un exemple concret et propose des pistes pour y remédier. Si certaines menaces ne datent pas d’hier – piratage de page d’accueil, cybersquatting du nom de domaine, détournement du logo, phishing, rumeur… – d’autres sont plus récentes comme l’usurpation d’identité sur les réseaux sociaux, les faux blogs (fake blogs et spam blogs) ou encore le « SMShing » pour faux SMS… Cet inventaire à la Prévert est complété de recommandations qui insistent avant tout sur la prévention, notamment à l’intérieur des organisations et sur la nécessité d’une veille permanente.

Feuilletable : une solution économique mais à utiliser avec modération

En cette période de restrictions budgétaires, le feuilletage (page flip, emag, ebrochure ou PDF feuilletable…) est un franc succès dans le monde des collectivités territoriales. Les avantages de ce système sont connus :

- Plus ludiques et esthétiques que les PDF (avec l’effet visuel du feuilletage)

- Moins chers qu’une version xHTML (3 a 5 fois moins cher, car c’est un logiciel qui réalise le feuilletage, la version HTML impliquant une intervention humaine)

- Possibilité d’associer des fonctions plus nombreuses que dans un PDF : recherche, zoom sélectif, insertion vidéo…

- Formule trois en un : un feuilletage c’est souvent un flash + un PDF + une version texte/HTML pour gérer l’accessibilité

Au rang des inconvénients des magazines interactifs, on signalera :

- L’utilisation de flash peut être un frein a la lecture pour des abonnés moyen ou bas débit (512 ou moins). Attention lorsque les images sont nombreuses et non optimisées.

- La lecture sur écran est déjà difficile, la lecture d’un page flip devient extrêmement laborieuse, pas agréable. Le « feuilletage »sur internet n’a qu’un très lointain rapport avec la sensation du feuilletage d’un magazine en papier.

- Les versions accessibles sont à regarder de près : si on laisse le logiciel faire tout de façon automatique, l’organisation des textes laisse souvent à désirer avec zéro « service en plus » (comme une adresse mail qui n’est pas activée, un lien qui n’a pas été rendu opérationnel en l’absence de http://, des sigles qui ne sont pas explicités comme l’exige le RGAA..

- Le référencement des pages (et surtout de leur contenu) des feuilletables laisse souvent à désirer et est sans commune mesure avec une version HTML.

Mais l’essentiel n’est pour moi pas là : la vraie question est celle de la stratégie éditoriale : trop souvent le magazine papier est produit en parallèle du site web, sans réflexion approfondie sur les liens avec le site institutionnel. Le page flip participe de cette juxtaposition de produits de communication avec des redondances éventuelles et surtout, des « pertes ». Un exemple : l’illustration sur la collecte des déchets qui est dans le magazine au milieu de bien d’autres choses est-elle valorisée/ réutilisée dans la rubrique environnement du site web ? Si ce n’est pas le cas c’est dommage. Web et papier doivent travailler ensemble, les synergies et complémentarités – les stratégies « cross media » disent les communicants – doivent être maximisées et dans ce domaine, il y a beaucoup de chemin à faire dans le secteur des collectivités.

Vidéo sur internet, les formats éditoriaux qui marchent

Je suis allé à une intéressante conférence au CFPJ lab sur la vidéo : il faut dire que l’explosion de la vidéo sur internet – 27% de la bande passante sur internet en 2010 !! – booste la demande de JRI (journalistes reporters images) et autres Web TV.

Voici ce que j’en ai retenu. En terme d’audience, un « carton » c’est 1 million de vues / mois (Sarko avec Casse toi pauv’ c…) mais quand on fait 30000, c’est vraiment bien (combien a fait celle le l’Awwwvergne ?). En terme de durée, plus de 3 minutes c’est long mais c’est le sujet qui doit dicter la durée car 20 secondes sur des inondations c’est largement suffisant.

Ensuite parmi les différentes formes éditoriales de vidéos, voici ce qui marche :

1)      Les reportages et enquêtes marchent bien mais leur succès dépend de ce qu’on a à dire, à raconter. Surtout, avec les frais de déplacement et le montage, les coûts peuvent rapidement exploser. A noter que le buzz’ ne se programme pas même si une politique active sur les réseaux sociaux peut aider à le faire naitre.

2)      La reprise de témoignages à chaud est intéressante mais sa durée de vie est courte et elle doit s’insérer dans une actu chaude, un papier un peu plus sur le fond.

3)      Le « magazine » avec un rendez-vous régulier est en vogue (cf. sur 20 minutes) mais cela nécessite des moyens (un journaliste dédié, un lieu), un ton, particulier pour bien fonctionner. Il peut s’apparenter à ce que proposent aujourd’hui des TV locales en peut-être moins cher.

4)      Le zapping. Lui aussi est en vogue mais il peut poser des problèmes de droits (il s’appuie sur le droit de citation) et là encore, il a une vocation plutôt humoristique. Pas vraiment de la communication institutionnelle.

5)      Les tutoriaux. Voila un format qui pourrait être davantage utilisé par les collectivités pour expliquer le fonctionnement d’un outil, d’un service concret (le tri…)…

6)      Le making off : utilisé pour raconter la  confection du journal de Libé, on peut l’imaginer pour certains sujets pour les collectivités (comment travaille un service municipal, le fonctionnement d’un conseil de quartier …)

Les formats vidéo qui marchent nettement moins bien

1)      Les interviews, et cela intéressera (peut-être) les collectivités territoriales, ça marche mal, c’est souvent ennuyeux car il n’y a pas la pression/ la tension  du direct. A noter que le Talk du Figaro fait exception car il essaie de  recréer cette pression.

2)      Les éditos. Ils ont l’avantage d’être peu couteux mais la valeur ajoutée est faible.

3)      Le documentaire interactif. Il se veut inventer une nouvelle forme d’écriture en alternant témoignage, images, liens vers des contenus. Disons le tout de suite, le budget peut etre exponentiel et le format est plus expérimental qu’autre chose…

Enfin, et c’est essentiel : la vidéo doit raconter une histoire… Merci à la personne de la société de production vidée Bubble, qui a fait cet intéressant topo.

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