Archive pour la catégorie ‘Webmastering éditorial’

Information hyperlocale, de quoi parle-t-on ?

Voici un article intéressant sur le développement des médias en ligne américains dans le domaine de l’information hyperlocale, c’est-à-dire centrée sur territoire tres limité (comté, petite ville…). Très documenté, l’article analyse les différents modèles économiques – publicité, revente de contenus, assise sur un média plus important,  syndication… -  et les difficultés rencontrées. En France, les initiatives se multiplient aussi dans cette direction, que cela soit au niveau de la PQR (DNA, Ouest-France…) , d’initiatives privées ou des collectivités locales qui créent des portails d’informations territoriaux. Le modèle américain présenté n’a cependant rien d’un modèle. Quand on parle des USA, il convient de toujours se rappeler qu’il y a 308 millions d’américains,la France représentant grosso-modo deux ou trois Etats (38 millions, rien qu’en Californie). La notion de local n’est donc pas la même : un projet portant sur un territoire représentant le dixième de la Californie (soit presque la moitié de l’Ile de France…) sera (éventuellement) viable rien qu’avec le marché publicitaire. Il ne peut être comparé avec ce que l’on peut faire dans les Ardennes ou dans le 20ème à Paris. C’est du reste un problème que connaissent bien les télés locales. Aujourd’hui deux modèles survivent : l’un ou la chaine est assise sur un réseau d’envergure nationale (genre groupe de presse/PQR) l’autre ou les collectivités locales assurent une partie du financement. Pour le web, tout semble penser qu’on est sur le même genre d’équation.

Allo France ? ne quittez pas, nous recherchons votre correspondant…

Il y avait déjà eu le bug du Géoportail – le Google maps version IGN –  saturé dès le jour de son ouverture au grand public. La leçon de ce bug retentissant n’a visiblement pas été tirée. www.france.fr, la vitrine web de la France ouverte le jour de la fête nationale, vient en effet de remettre ça : aujourd’hui 21 juillet il est encore impossible d’accéder au portail censé vanter les atouts de la France au monde entier… et d’expliquer qu’il y a « un problème de configuration des serveurs » et « qu’un audit de l’ensemble des systèmes » a été entrepris pour permettre la réouverture du site « dans les plus brefs délais ». En termes d’image TIC de l’Hexagone, on fera court en disant que l’effet est tout simplement désastreux. Et tout ça pour 1,6 million d’euros.

Des CMS labellisés, car adaptés aux communes

Heureuse initiative que celle d’Artesi avec son dispositif Webpass, car il est bien difficile pour une petite commune ou une intercommunalité de faire des choix technique parmi la foultitude de CMS/ logiciels de gestion de contenus du marché quand on est une petite structure, sans compétence informatique et web pointue. L’agence TIC francilienne sélectionne en effet, parmi les solutions proposées par les prestataires ayant l’habitude de travailler avec les communes ou les intercommunalités, celles qui répondent à un cahier des charges élaboré par l’agence. Ces CMS sont généralement des solutions élaborées à partir de CMS libres (Drupal, Typo 3, Joomla, eZpublish…) qui ont été adaptées par une société de services informatiques pour répondre aux besoins spécifiques des collectivités (administration électronique, process de validation…). La liste des solutions labellisés Webpass est disponible ici.

Feuilletable : une solution économique mais à utiliser avec modération

En cette période de restrictions budgétaires, le feuilletage (page flip, emag, ebrochure ou PDF feuilletable…) est un franc succès dans le monde des collectivités territoriales. Les avantages de ce système sont connus :

- Plus ludiques et esthétiques que les PDF (avec l’effet visuel du feuilletage)

- Moins chers qu’une version xHTML (3 a 5 fois moins cher, car c’est un logiciel qui réalise le feuilletage, la version HTML impliquant une intervention humaine)

- Possibilité d’associer des fonctions plus nombreuses que dans un PDF : recherche, zoom sélectif, insertion vidéo…

- Formule trois en un : un feuilletage c’est souvent un flash + un PDF + une version texte/HTML pour gérer l’accessibilité

Au rang des inconvénients des magazines interactifs, on signalera :

- L’utilisation de flash peut être un frein a la lecture pour des abonnés moyen ou bas débit (512 ou moins). Attention lorsque les images sont nombreuses et non optimisées.

- La lecture sur écran est déjà difficile, la lecture d’un page flip devient extrêmement laborieuse, pas agréable. Le « feuilletage »sur internet n’a qu’un très lointain rapport avec la sensation du feuilletage d’un magazine en papier.

- Les versions accessibles sont à regarder de près : si on laisse le logiciel faire tout de façon automatique, l’organisation des textes laisse souvent à désirer avec zéro « service en plus » (comme une adresse mail qui n’est pas activée, un lien qui n’a pas été rendu opérationnel en l’absence de http://, des sigles qui ne sont pas explicités comme l’exige le RGAA..

- Le référencement des pages (et surtout de leur contenu) des feuilletables laisse souvent à désirer et est sans commune mesure avec une version HTML.

Mais l’essentiel n’est pour moi pas là : la vraie question est celle de la stratégie éditoriale : trop souvent le magazine papier est produit en parallèle du site web, sans réflexion approfondie sur les liens avec le site institutionnel. Le page flip participe de cette juxtaposition de produits de communication avec des redondances éventuelles et surtout, des « pertes ». Un exemple : l’illustration sur la collecte des déchets qui est dans le magazine au milieu de bien d’autres choses est-elle valorisée/ réutilisée dans la rubrique environnement du site web ? Si ce n’est pas le cas c’est dommage. Web et papier doivent travailler ensemble, les synergies et complémentarités – les stratégies « cross media » disent les communicants – doivent être maximisées et dans ce domaine, il y a beaucoup de chemin à faire dans le secteur des collectivités.

Rouen.fr, une architecture de site vraiment orienté usager

La ville de Rouen a mis en ligne un nouveau site internet qui me parait très intéressant dans son architecture. Le site résout en effet le dilemme que se posent beaucoup de collectivités entre valorisation de l’actualité (culturelle/ action politique), ou accès aux services pratiques (formalités…). Sur la plupart des sites, l’accent est mis sur l’actu et l’accès aux services se fait via des liens insérés ça et la dans la page d’accueil et/ou un menu classique. Le résultat est que les internautes ne trouvent pas ce qu’ils cherchent comme j’en fais souvent l’expérience.

Pour faciliter la vie de l’internaute, le site de Rouen propose deux pages d’accueil : arrivé sur Rouen.fr, le bandeau du haut propose, en gros 2 accès : « l’actualité » ou « Mairie en ligne », la page par défaut portant sur l’actu.

- Une page d’accueil nommée « l’actualité » a un traitement assez classique :  une « Une 4 en 1″ (4 photos légendées + lien) et un agenda, les contenus orientés vie locale, mais qui restent peu nombreux avec une forte différenciation graphique.

- Une page « mairie en ligne« , qui liste – tout simplement et sans aucune fioritures en tête de page (zone qui s’affiche sans scroll) – les formalités les plus demandées par les internautes avec un accès direct (état civil, emménagement…)Suivent ensuite un accès aux coordonnées/ adresses des services municipaux, des guides et autres contenus pratiques. Un seul souci dans cette mise en page : l’efficacité.

Voila un site intéressant car visiblement il a été tenu compte des requêtes des internautes dans les moteurs de recherche et il n’est pas un pur produit du service communication : on recherche l’efficacité du service public. On souhaiterait voir davantage de sites comme celui-ci….

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