Archive pour la catégorie ‘Webmastering éditorial’
Rouen.fr, une architecture de site vraiment orienté usager
La ville de Rouen a mis en ligne un nouveau site internet qui me parait très intéressant dans son architecture. Le site résout en effet le dilemme que se posent beaucoup de collectivités entre valorisation de l’actualité (culturelle/ action politique), ou accès aux services pratiques (formalités…). Sur la plupart des sites, l’accent est mis sur l’actu et l’accès aux services se fait via des liens insérés ça et la dans la page d’accueil et/ou un menu classique. Le résultat est que les internautes ne trouvent pas ce qu’ils cherchent comme j’en fais souvent l’expérience.
Pour faciliter la vie de l’internaute, le site de Rouen propose deux pages d’accueil : arrivé sur Rouen.fr, le bandeau du haut propose, en gros 2 accès : « l’actualité » ou « Mairie en ligne », la page par défaut portant sur l’actu.
- Une page d’accueil nommée « l’actualité » a un traitement assez classique : une « Une 4 en 1″ (4 photos légendées + lien) et un agenda, les contenus orientés vie locale, mais qui restent peu nombreux avec une forte différenciation graphique.
- Une page « mairie en ligne« , qui liste – tout simplement et sans aucune fioritures en tête de page (zone qui s’affiche sans scroll) – les formalités les plus demandées par les internautes avec un accès direct (état civil, emménagement…)Suivent ensuite un accès aux coordonnées/ adresses des services municipaux, des guides et autres contenus pratiques. Un seul souci dans cette mise en page : l’efficacité.
Voila un site intéressant car visiblement il a été tenu compte des requêtes des internautes dans les moteurs de recherche et il n’est pas un pur produit du service communication : on recherche l’efficacité du service public. On souhaiterait voir davantage de sites comme celui-ci….
Vidéo sur internet, les formats éditoriaux qui marchent
Je suis allé à une intéressante conférence au CFPJ lab sur la vidéo : il faut dire que l’explosion de la vidéo sur internet – 27% de la bande passante sur internet en 2010 !! – booste la demande de JRI (journalistes reporters images) et autres Web TV.
Voici ce que j’en ai retenu. En terme d’audience, un « carton » c’est 1 million de vues / mois (Sarko avec Casse toi pauv’ c…) mais quand on fait 30000, c’est vraiment bien (combien a fait celle le l’Awwwvergne ?). En terme de durée, plus de 3 minutes c’est long mais c’est le sujet qui doit dicter la durée car 20 secondes sur des inondations c’est largement suffisant.
Ensuite parmi les différentes formes éditoriales de vidéos, voici ce qui marche :
1) Les reportages et enquêtes marchent bien mais leur succès dépend de ce qu’on a à dire, à raconter. Surtout, avec les frais de déplacement et le montage, les coûts peuvent rapidement exploser. A noter que le buzz’ ne se programme pas même si une politique active sur les réseaux sociaux peut aider à le faire naitre.
2) La reprise de témoignages à chaud est intéressante mais sa durée de vie est courte et elle doit s’insérer dans une actu chaude, un papier un peu plus sur le fond.
3) Le « magazine » avec un rendez-vous régulier est en vogue (cf. sur 20 minutes) mais cela nécessite des moyens (un journaliste dédié, un lieu), un ton, particulier pour bien fonctionner. Il peut s’apparenter à ce que proposent aujourd’hui des TV locales en peut-être moins cher.
4) Le zapping. Lui aussi est en vogue mais il peut poser des problèmes de droits (il s’appuie sur le droit de citation) et là encore, il a une vocation plutôt humoristique. Pas vraiment de la communication institutionnelle.
5) Les tutoriaux. Voila un format qui pourrait être davantage utilisé par les collectivités pour expliquer le fonctionnement d’un outil, d’un service concret (le tri…)…
6) Le making off : utilisé pour raconter la confection du journal de Libé, on peut l’imaginer pour certains sujets pour les collectivités (comment travaille un service municipal, le fonctionnement d’un conseil de quartier …)
Les formats vidéo qui marchent nettement moins bien
1) Les interviews, et cela intéressera (peut-être) les collectivités territoriales, ça marche mal, c’est souvent ennuyeux car il n’y a pas la pression/ la tension du direct. A noter que le Talk du Figaro fait exception car il essaie de recréer cette pression.
2) Les éditos. Ils ont l’avantage d’être peu couteux mais la valeur ajoutée est faible.
3) Le documentaire interactif. Il se veut inventer une nouvelle forme d’écriture en alternant témoignage, images, liens vers des contenus. Disons le tout de suite, le budget peut etre exponentiel et le format est plus expérimental qu’autre chose…
Enfin, et c’est essentiel : la vidéo doit raconter une histoire… Merci à la personne de la société de production vidée Bubble, qui a fait cet intéressant topo.
La complexité administrative ne se réglera pas en réduisant le nombre de sites
Parmi les annonces du rapport Riester (voir mon papier sur le blog TIC) la presse s’est beaucoup fait l’écho de la « nécessité » de réduire le nombre de sites internet publics (plus de 10 000) et le rapport propose même que l’Etat donne l’exemple en divisant pas 10 le nombre de ses sites. Voila une proposition emprunte de beaucoup de faux bon sens et qui est très démagogique. Comme si la simplicité passait par la réduction du nombre de sites. Quand on voit la difficulté a se retrouver sur un site « unique » comme celui de la commission (Europa), on peut dire tout de suite que ce n’est pas une recette miracle. Ergonomie, utilisabilité, clarté de la charte graphique et du vocabulaire employé : oui et c’est mentionné dans le rapport. En revanche diminuer le nombre de site (sauf a la marge et en sanctionnant ceux qui ne sont pas mis a jour), cela semble assez utopique, sauf à réduire considérablement le nombre de services et d’administrations (un serpent de mer qui fait partie des poncifs des changements politiques)
J’ai en fait été frappé lors de la conférence de presse qu’on parle aussi peu de référencement. Que l’Etat investisse massivement dans la SEO (search engine optimization) de ses principaux sites, s’intéresse aux mots clefs et expressions utilisées par les internautes, professionnalise ses webmestres, achète des mots clés… ça ce serait une bonne idée. Aujourd’hui le moyen d’accéder à l’administration sur internet, c’est surtout et avant tout GOOGLE. A cet égard juste une remarque, le tout nouveau portail proxima mobile n’est même pas organisé avec des url naturelles…
Un statut pour la presse en ligne
Le décret définissant l’activité d’un éditeur de presse en ligne a été publié au Journal Officiel du30 octobre. Demandé par les éditeurs 100% web à l’occasion des états généraux de la presse, ce statut leur permettra de bénéficier des aides de l’Etat, reservées jusqu’ici aux titres » papier « .Plusieurs critères seront nécessaires à l’obtention du statut d’éditeur de presse en ligne : employer au moins un journaliste professionnel, publier un contenu en ligne « original », essentiellement écrit, et « composé d’informations d’actualité », faisant l’objet d’un traitement journalistique et ne constituant pas « l’instrument de publicité ou de communication ». Des dispositions qui écartent donc les blogs mais aussi les journaux institutionnels. Il reviendra à une commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) décidera d’attribuer les aides, ou non, aux sites candidats.
Pageflip ou magazine feuilletables, difficile de s’y retrouver
Les magazines feuilletables sont à la mode dans le monde des collectivités territoriales et la plupart des grandes collectivités ont abandonné le magazine téléchargeable en PDF pour un feuilletage (les terme varient : ebook, emag, magazine feuilletable, feuilletage…) en ligne réalisé en Flash. Force est cependant de constater qu’il, est difficile de s’y retrouver dans les multiples offres qui fleurissent sur la toile. Y compris gratuites puisqu’un site comme issuu ou calaméo (en français) propose de publier gratuitement son ebook. Celui ci reste cependant hébergé chez issuu qui se rémunère par la pub. Par ailleurs ces feuilletage gratuits sont pas ou peu personnalisables. Coté offres payantes, c’est un peu la jungle avec une multitude de systèmes le plus souvent propriétaire – est généré un ensemble de fichiers que l’on ne peut plus modifier. Comment choisir , outre le prix (facturé à la page ou à l’ebook) il y a les fonctionnalités : zoom sélectif ou non, menus, téléchargement du PDF, insertion de média dans l’ebook (son, vidéo…)… Mais à force de « charger » l’ebook en fonctionnalités, on risque de faire une sorte de mini site dans le site, avec un contenu peu lisible et assez compliqué à utiliser. Ma recommandation est donc plutôt d’opter pour la simplicité et un magazine qui privilégie esthétique et lisibilité des contenus. Enfin, dernier point et non des moindres : le décret accessibilité des sites web vient d’être publié : accessibilité et flash font très mauvais ménage aussi va t il devenir indispensable de proposer plusieurs versions de l’ebook : PDF (qui peut être travaillé en accessibilité), HTML ou encore audio (quoique la voix de synthèse c’est un peu bof…
Une liste de prestataires suivra bientôt…
