Archive pour la catégorie ‘webzines’

Information hyperlocale, de quoi parle-t-on ?

Voici un article intéressant sur le développement des médias en ligne américains dans le domaine de l’information hyperlocale, c’est-à-dire centrée sur territoire tres limité (comté, petite ville…). Très documenté, l’article analyse les différents modèles économiques – publicité, revente de contenus, assise sur un média plus important,  syndication… -  et les difficultés rencontrées. En France, les initiatives se multiplient aussi dans cette direction, que cela soit au niveau de la PQR (DNA, Ouest-France…) , d’initiatives privées ou des collectivités locales qui créent des portails d’informations territoriaux. Le modèle américain présenté n’a cependant rien d’un modèle. Quand on parle des USA, il convient de toujours se rappeler qu’il y a 308 millions d’américains,la France représentant grosso-modo deux ou trois Etats (38 millions, rien qu’en Californie). La notion de local n’est donc pas la même : un projet portant sur un territoire représentant le dixième de la Californie (soit presque la moitié de l’Ile de France…) sera (éventuellement) viable rien qu’avec le marché publicitaire. Il ne peut être comparé avec ce que l’on peut faire dans les Ardennes ou dans le 20ème à Paris. C’est du reste un problème que connaissent bien les télés locales. Aujourd’hui deux modèles survivent : l’un ou la chaine est assise sur un réseau d’envergure nationale (genre groupe de presse/PQR) l’autre ou les collectivités locales assurent une partie du financement. Pour le web, tout semble penser qu’on est sur le même genre d’équation.

Feuilletable : une solution économique mais à utiliser avec modération

En cette période de restrictions budgétaires, le feuilletage (page flip, emag, ebrochure ou PDF feuilletable…) est un franc succès dans le monde des collectivités territoriales. Les avantages de ce système sont connus :

- Plus ludiques et esthétiques que les PDF (avec l’effet visuel du feuilletage)

- Moins chers qu’une version xHTML (3 a 5 fois moins cher, car c’est un logiciel qui réalise le feuilletage, la version HTML impliquant une intervention humaine)

- Possibilité d’associer des fonctions plus nombreuses que dans un PDF : recherche, zoom sélectif, insertion vidéo…

- Formule trois en un : un feuilletage c’est souvent un flash + un PDF + une version texte/HTML pour gérer l’accessibilité

Au rang des inconvénients des magazines interactifs, on signalera :

- L’utilisation de flash peut être un frein a la lecture pour des abonnés moyen ou bas débit (512 ou moins). Attention lorsque les images sont nombreuses et non optimisées.

- La lecture sur écran est déjà difficile, la lecture d’un page flip devient extrêmement laborieuse, pas agréable. Le « feuilletage »sur internet n’a qu’un très lointain rapport avec la sensation du feuilletage d’un magazine en papier.

- Les versions accessibles sont à regarder de près : si on laisse le logiciel faire tout de façon automatique, l’organisation des textes laisse souvent à désirer avec zéro « service en plus » (comme une adresse mail qui n’est pas activée, un lien qui n’a pas été rendu opérationnel en l’absence de http://, des sigles qui ne sont pas explicités comme l’exige le RGAA..

- Le référencement des pages (et surtout de leur contenu) des feuilletables laisse souvent à désirer et est sans commune mesure avec une version HTML.

Mais l’essentiel n’est pour moi pas là : la vraie question est celle de la stratégie éditoriale : trop souvent le magazine papier est produit en parallèle du site web, sans réflexion approfondie sur les liens avec le site institutionnel. Le page flip participe de cette juxtaposition de produits de communication avec des redondances éventuelles et surtout, des « pertes ». Un exemple : l’illustration sur la collecte des déchets qui est dans le magazine au milieu de bien d’autres choses est-elle valorisée/ réutilisée dans la rubrique environnement du site web ? Si ce n’est pas le cas c’est dommage. Web et papier doivent travailler ensemble, les synergies et complémentarités – les stratégies « cross media » disent les communicants – doivent être maximisées et dans ce domaine, il y a beaucoup de chemin à faire dans le secteur des collectivités.

Rouen.fr, une architecture de site vraiment orienté usager

La ville de Rouen a mis en ligne un nouveau site internet qui me parait très intéressant dans son architecture. Le site résout en effet le dilemme que se posent beaucoup de collectivités entre valorisation de l’actualité (culturelle/ action politique), ou accès aux services pratiques (formalités…). Sur la plupart des sites, l’accent est mis sur l’actu et l’accès aux services se fait via des liens insérés ça et la dans la page d’accueil et/ou un menu classique. Le résultat est que les internautes ne trouvent pas ce qu’ils cherchent comme j’en fais souvent l’expérience.

Pour faciliter la vie de l’internaute, le site de Rouen propose deux pages d’accueil : arrivé sur Rouen.fr, le bandeau du haut propose, en gros 2 accès : « l’actualité » ou « Mairie en ligne », la page par défaut portant sur l’actu.

- Une page d’accueil nommée « l’actualité » a un traitement assez classique :  une « Une 4 en 1″ (4 photos légendées + lien) et un agenda, les contenus orientés vie locale, mais qui restent peu nombreux avec une forte différenciation graphique.

- Une page « mairie en ligne« , qui liste – tout simplement et sans aucune fioritures en tête de page (zone qui s’affiche sans scroll) – les formalités les plus demandées par les internautes avec un accès direct (état civil, emménagement…)Suivent ensuite un accès aux coordonnées/ adresses des services municipaux, des guides et autres contenus pratiques. Un seul souci dans cette mise en page : l’efficacité.

Voila un site intéressant car visiblement il a été tenu compte des requêtes des internautes dans les moteurs de recherche et il n’est pas un pur produit du service communication : on recherche l’efficacité du service public. On souhaiterait voir davantage de sites comme celui-ci….

Un statut pour la presse en ligne

Le décret définissant l’activité d’un éditeur de presse en ligne a été publié au Journal Officiel du30 octobre. Demandé par les éditeurs 100% web à l’occasion des états généraux de la presse, ce statut leur permettra de bénéficier des aides de l’Etat, reservées jusqu’ici aux titres  » papier « .Plusieurs critères seront nécessaires à l’obtention du statut d’éditeur de presse en ligne : employer au moins un journaliste professionnel, publier un contenu en ligne « original », essentiellement écrit, et « composé d’informations d’actualité », faisant l’objet d’un traitement journalistique et ne constituant pas « l’instrument de publicité ou de communication ». Des dispositions qui écartent donc les blogs mais aussi les journaux institutionnels. Il reviendra à une commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) décidera d’attribuer les aides, ou non, aux sites candidats.

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