Des CMS labellisés, car adaptés aux communes
Heureuse initiative que celle d’Artesi avec son dispositif Webpass, car il est bien difficile pour une petite commune ou une intercommunalité de faire des choix technique parmi la foultitude de CMS/ logiciels de gestion de contenus du marché quand on est une petite structure, sans compétence informatique et web pointue. L’agence TIC francilienne sélectionne en effet, parmi les solutions proposées par les prestataires ayant l’habitude de travailler avec les communes ou les intercommunalités, celles qui répondent à un cahier des charges élaboré par l’agence. Ces CMS sont généralement des solutions élaborées à partir de CMS libres (Drupal, Typo 3, Joomla, eZpublish…) qui ont été adaptées par une société de services informatiques pour répondre aux besoins spécifiques des collectivités (administration électronique, process de validation…). La liste des solutions labellisés Webpass est disponible ici.
Le site de l’Elysée innove en matière de recherche vidéo
La nouveauté la plus marquante du site de la présidence de la République n’est certainement pas dans le graphisme. L’intégration et les passerelles avec les réseaux sociaux sont également somme toute assez banales. En revanche, le site innove considérablement dans le domaine de la vidéo grâce à une technologie signée par deux sociétés françaises : le moteur de recherche français Exalead et la société de reconnaissance vocale Vecsys. Grâce à cet outil – j’en ai fait l’expérience – on peut non seulement retrouver tous les discours du Président mentionnant par exemple le «très haut débit » mais surtout cliquer sur l’extrait de discours correspondant (en l’occurrence le discours de Mortagne-au-Perche)… et le sélectionner pour l’incorporer sur son site (sauf que j’ai fait le test mais on peut pas redimensionner la video pour la faire tenir dans cette colonne…)
Voila qui va révolutionner la recherche en matière de vidéo, leur indexation étant aujourd’hui essentiellement dépendante des mots clefs, titres et textes associés.
Feuilletable : une solution économique mais à utiliser avec modération
En cette période de restrictions budgétaires, le feuilletage (page flip, emag, ebrochure ou PDF feuilletable…) est un franc succès dans le monde des collectivités territoriales. Les avantages de ce système sont connus :
- Plus ludiques et esthétiques que les PDF (avec l’effet visuel du feuilletage)
- Moins chers qu’une version xHTML (3 a 5 fois moins cher, car c’est un logiciel qui réalise le feuilletage, la version HTML impliquant une intervention humaine)
- Possibilité d’associer des fonctions plus nombreuses que dans un PDF : recherche, zoom sélectif, insertion vidéo…
- Formule trois en un : un feuilletage c’est souvent un flash + un PDF + une version texte/HTML pour gérer l’accessibilité
Au rang des inconvénients des magazines interactifs, on signalera :
- L’utilisation de flash peut être un frein a la lecture pour des abonnés moyen ou bas débit (512 ou moins). Attention lorsque les images sont nombreuses et non optimisées.
- La lecture sur écran est déjà difficile, la lecture d’un page flip devient extrêmement laborieuse, pas agréable. Le « feuilletage »sur internet n’a qu’un très lointain rapport avec la sensation du feuilletage d’un magazine en papier.
- Les versions accessibles sont à regarder de près : si on laisse le logiciel faire tout de façon automatique, l’organisation des textes laisse souvent à désirer avec zéro « service en plus » (comme une adresse mail qui n’est pas activée, un lien qui n’a pas été rendu opérationnel en l’absence de http://, des sigles qui ne sont pas explicités comme l’exige le RGAA..
- Le référencement des pages (et surtout de leur contenu) des feuilletables laisse souvent à désirer et est sans commune mesure avec une version HTML.
Mais l’essentiel n’est pour moi pas là : la vraie question est celle de la stratégie éditoriale : trop souvent le magazine papier est produit en parallèle du site web, sans réflexion approfondie sur les liens avec le site institutionnel. Le page flip participe de cette juxtaposition de produits de communication avec des redondances éventuelles et surtout, des « pertes ». Un exemple : l’illustration sur la collecte des déchets qui est dans le magazine au milieu de bien d’autres choses est-elle valorisée/ réutilisée dans la rubrique environnement du site web ? Si ce n’est pas le cas c’est dommage. Web et papier doivent travailler ensemble, les synergies et complémentarités – les stratégies « cross media » disent les communicants – doivent être maximisées et dans ce domaine, il y a beaucoup de chemin à faire dans le secteur des collectivités.
Rouen.fr, une architecture de site vraiment orienté usager
La ville de Rouen a mis en ligne un nouveau site internet qui me parait très intéressant dans son architecture. Le site résout en effet le dilemme que se posent beaucoup de collectivités entre valorisation de l’actualité (culturelle/ action politique), ou accès aux services pratiques (formalités…). Sur la plupart des sites, l’accent est mis sur l’actu et l’accès aux services se fait via des liens insérés ça et la dans la page d’accueil et/ou un menu classique. Le résultat est que les internautes ne trouvent pas ce qu’ils cherchent comme j’en fais souvent l’expérience.
Pour faciliter la vie de l’internaute, le site de Rouen propose deux pages d’accueil : arrivé sur Rouen.fr, le bandeau du haut propose, en gros 2 accès : « l’actualité » ou « Mairie en ligne », la page par défaut portant sur l’actu.
- Une page d’accueil nommée « l’actualité » a un traitement assez classique : une « Une 4 en 1″ (4 photos légendées + lien) et un agenda, les contenus orientés vie locale, mais qui restent peu nombreux avec une forte différenciation graphique.
- Une page « mairie en ligne« , qui liste – tout simplement et sans aucune fioritures en tête de page (zone qui s’affiche sans scroll) – les formalités les plus demandées par les internautes avec un accès direct (état civil, emménagement…)Suivent ensuite un accès aux coordonnées/ adresses des services municipaux, des guides et autres contenus pratiques. Un seul souci dans cette mise en page : l’efficacité.
Voila un site intéressant car visiblement il a été tenu compte des requêtes des internautes dans les moteurs de recherche et il n’est pas un pur produit du service communication : on recherche l’efficacité du service public. On souhaiterait voir davantage de sites comme celui-ci….
Vidéo sur internet, les formats éditoriaux qui marchent
Je suis allé à une intéressante conférence au CFPJ lab sur la vidéo : il faut dire que l’explosion de la vidéo sur internet – 27% de la bande passante sur internet en 2010 !! – booste la demande de JRI (journalistes reporters images) et autres Web TV.
Voici ce que j’en ai retenu. En terme d’audience, un « carton » c’est 1 million de vues / mois (Sarko avec Casse toi pauv’ c…) mais quand on fait 30000, c’est vraiment bien (combien a fait celle le l’Awwwvergne ?). En terme de durée, plus de 3 minutes c’est long mais c’est le sujet qui doit dicter la durée car 20 secondes sur des inondations c’est largement suffisant.
Ensuite parmi les différentes formes éditoriales de vidéos, voici ce qui marche :
1) Les reportages et enquêtes marchent bien mais leur succès dépend de ce qu’on a à dire, à raconter. Surtout, avec les frais de déplacement et le montage, les coûts peuvent rapidement exploser. A noter que le buzz’ ne se programme pas même si une politique active sur les réseaux sociaux peut aider à le faire naitre.
2) La reprise de témoignages à chaud est intéressante mais sa durée de vie est courte et elle doit s’insérer dans une actu chaude, un papier un peu plus sur le fond.
3) Le « magazine » avec un rendez-vous régulier est en vogue (cf. sur 20 minutes) mais cela nécessite des moyens (un journaliste dédié, un lieu), un ton, particulier pour bien fonctionner. Il peut s’apparenter à ce que proposent aujourd’hui des TV locales en peut-être moins cher.
4) Le zapping. Lui aussi est en vogue mais il peut poser des problèmes de droits (il s’appuie sur le droit de citation) et là encore, il a une vocation plutôt humoristique. Pas vraiment de la communication institutionnelle.
5) Les tutoriaux. Voila un format qui pourrait être davantage utilisé par les collectivités pour expliquer le fonctionnement d’un outil, d’un service concret (le tri…)…
6) Le making off : utilisé pour raconter la confection du journal de Libé, on peut l’imaginer pour certains sujets pour les collectivités (comment travaille un service municipal, le fonctionnement d’un conseil de quartier …)
Les formats vidéo qui marchent nettement moins bien
1) Les interviews, et cela intéressera (peut-être) les collectivités territoriales, ça marche mal, c’est souvent ennuyeux car il n’y a pas la pression/ la tension du direct. A noter que le Talk du Figaro fait exception car il essaie de recréer cette pression.
2) Les éditos. Ils ont l’avantage d’être peu couteux mais la valeur ajoutée est faible.
3) Le documentaire interactif. Il se veut inventer une nouvelle forme d’écriture en alternant témoignage, images, liens vers des contenus. Disons le tout de suite, le budget peut etre exponentiel et le format est plus expérimental qu’autre chose…
Enfin, et c’est essentiel : la vidéo doit raconter une histoire… Merci à la personne de la société de production vidée Bubble, qui a fait cet intéressant topo.